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Jours de repos en rééducation du LCA : à quoi servent-ils ?

Le repos fait partie de la rééducation du LCA : le muscle progresse en récupérant, et le protocole du Delaware ne fait jamais courir deux jours de suite.

Rédigé par une IA à partir de l'original anglais, puis vérifié point par point lors d'une relecture par IA.

Une personne assise sur un canapé, une jambe tendue et surélevée sur des coussins glissés sous le mollet et le talon, une poche de glace posée sur un linge plié sur le genou.
Les premières semaines, le service de santé britannique (NHS) demande de surélever la jambe au repos et de mettre de la glace 15 à 20 minutes toutes les 2 à 3 heures, jour d'entraînement ou non.

Un jour de repos fait partie d’un programme de rééducation du ligament croisé antérieur (LCA) : ce n’est pas une parenthèse dans ce programme. Un muscle se renforce grâce à la charge d’une séance, puis grâce à la récupération qui la suit. C’est pour cette raison que l’American College of Sports Medicine recommande deux à trois jours de renforcement musculaire par semaine aux personnes qui débutent. C’est aussi pour cela que la progression de course de l’université du Delaware, après une reconstruction du LCA, autorise la course quatre fois par semaine au plus, et jamais deux jours de suite. Un jour de repos se passe rarement au lit : la marche, ce qu’on fait pour limiter le gonflement et les mouvements quotidiens du genou continuent en général. Combien de jours vous vous entraînez, et lesquels, c’est à votre kinésithérapeute et à votre chirurgien de le fixer, et leur programme passe avant tout le reste. Cet article explique simplement ce qui justifie les jours sans séance.

Récupérer, c’est aussi s’entraîner

Le renforcement musculaire cherche à fatiguer un muscle davantage que ne le fait la vie quotidienne. Et c’est dans les jours qui suivent la séance que le muscle s’adapte, pas pendant la séance elle-même. Pour les adultes en bonne santé, la prise de position de l’American College of Sports Medicine sur le renforcement musculaire recommande deux à trois jours d’entraînement par semaine aux débutants, trois à quatre aux personnes qui s’entraînent régulièrement depuis environ six mois, et quatre à cinq aux plus expérimentés. Ce texte vise des adultes en bonne santé, pas des personnes qui sortent d’une opération, et les programmes du LCA fixent leurs propres chiffres, comme on le verra plus bas.

Les courbatures relèvent de la même logique. Cheung et ses collègues ont consacré une revue aux douleurs musculaires d’apparition retardée (DOMS, sigle anglais), ces courbatures qui suivent un effort inhabituel ou plus lourd que d’ordinaire. Elles montent au cours de la première journée, atteignent leur maximum entre 24 et 72 heures et s’estompent en cinq à sept jours. Entre-temps, la force et l’amplitude articulaire baissent de façon passagère. Un muscle dans cet état est moins fort pendant quelque temps, et c’est l’une des raisons pour lesquelles on espace les séances dures au lieu de les répéter dès le lendemain matin.

Prendre des jours de repos ne semble pas faire perdre de force, à condition que le travail de la semaine soit fait. Grgic et ses collègues ont regroupé 22 études qui comparaient différentes fréquences d’entraînement. Dans l’ensemble, s’entraîner plus souvent donnait de plus grands gains de force. Mais à volume de travail hebdomadaire égal, le nombre de séances entre lesquelles ce travail était réparti ne faisait pas de différence significative. La plupart des participants étaient des adultes en bonne santé qui débutaient le renforcement, pas des personnes opérées du genou : le résultat décrit les muscles en général, pas un genou reconstruit. Il répond tout de même à une inquiétude fréquente. Un jour de repos entre deux séances n’efface pas la première.

Des jours de repos prévus par les protocoles

Les programmes de rééducation après une reconstruction du LCA intègrent ce même espacement, et certains le chiffrent noir sur blanc. La progression fondée sur des critères de l’université du Delaware, publiée par Adams et ses collègues, en donne plusieurs exemples :

  • la progression de course se fait quatre fois par semaine au plus, pas plus souvent qu’un jour sur deux, et ne monte pas de plus de deux paliers en sept jours ;
  • un palier de course n’est franchi qu’une fois qu’on peut le faire sans augmentation du gonflement ni de la douleur ;
  • l’électrostimulation du quadriceps, quand elle est utilisée, se fait à raison de trois séances par semaine.
Les jambes d'une personne qui court tranquillement dans le couloir intérieur d'une piste d'athlétisme vide, en plein air, par un matin couvert.
Dans la progression de course de l'université du Delaware après une reconstruction du LCA, on court quatre fois par semaine au plus, et jamais deux jours de suite.

Le même article reprend des règles fondées sur la douleur, écrites au départ pour des sportifs qui reprenaient la musculation. Le jour de repos y répond à la façon dont le genou a réagi à la séance précédente. Une douleur le lendemain d’une séance de musculation, autre que des courbatures musculaires ordinaires, signifie un jour de repos et pas de passage au palier suivant. Une douleur pendant l’échauffement qui ne disparaît pas, ou qui disparaît puis revient pendant la séance, signifie deux jours de repos et un retour au palier précédent. Ces règles s’appliquent sous la conduite d’un kiné. La différence entre des courbatures ordinaires et une rechute fait l’objet d’un article à part.

Avant de laisser un patient avancer, le protocole de Delaware vérifie aussi le gonflement à l’intérieur de l’articulation, ce qu’on appelle l’épanchement, à l’aide du test de la vague. Un genou plus gonflé le lendemain matin d’une séance, c’est justement l’une des raisons pour lesquelles un programme espace d’emblée les jours les plus durs.

À quoi ressemble d’habitude un jour de repos

Dans les premières semaines après l’opération, un jour sans séance reste un jour où il y a des choses à faire. Les conseils de récupération du NHS demandent de se lever et de marcher, comme le conseille le kiné, pour réduire le risque de caillot sanguin. Ils demandent aussi de garder la jambe surélevée au repos et de mettre une poche de glace 15 à 20 minutes toutes les deux à trois heures pour faire baisser le gonflement. Rien de tout cela ne s’arrête un jour de repos. Le travail de mobilité que votre kiné vous a confié, par exemple les exercices pour retrouver l’extension complète du genou, peut très bien être prévu tous les jours, même quand le renforcement ne l’est pas, parce qu’il s’agit d’un autre type de travail. C’est votre programme qui le précise.

Plus tard dans la rééducation, quand les séances deviennent plus longues et plus dures, le jour de repos ressemble plus nettement à un jour sans entraînement. Ce qui précède mène à quelques principes généraux, que votre kiné peut adapter à votre situation :

  • L’espacement compte. Trois séances réparties sur la semaine laissent un jour libre entre chacune ; trois séances sur trois jours consécutifs, non.
  • Une séance manquée ne se rattrape pas en double. Deux séances dures d’affilée suppriment la récupération autour de laquelle le programme a été construit.
  • Une activité légère ne pose en général pas de problème. La marche et la vie quotidienne ordinaire ne sont pas ce qu’un jour de repos cherche à éviter. Le vélo, la natation ou une autre activité comptent-ils comme du repos dans votre programme ? C’est une question à poser à votre kiné.
Les jambes d'une personne en pantalon long et en chaussures de marche, qui avance d'un pas tranquille sur une allée goudronnée de parc parsemée de feuilles mortes.
Un jour de repos, la marche et la vie quotidienne continuent en général : ce qu'on laisse de côté, c'est l'entraînement le plus exigeant.

Les recommandations de pratique clinique néerlandaises de van Melick et de ses collègues préconisent une rééducation de 9 à 12 mois, dont les étapes se franchissent sur critères plutôt qu’à date fixe. Sur une durée pareille, un jour de repos consacré à récupérer vaut davantage qu’une séance casée à tout prix sur un genou qui ne s’est pas encore calmé.

Quand le repos n’est pas la solution

Un jour de repos s’adresse à un genou qui réagit normalement à son entraînement. Ce n’est pas la façon de prendre en charge un genou qui va de plus en plus mal. Un gonflement qui reste présent plusieurs jours, un genou qui a perdu une partie de son extension, ou une douleur qui ne va pas mieux au bout de deux ou trois jours, cela vaut la peine d’en parler à votre kiné plutôt que d’attendre au repos que ça passe.

Certains signes demandent une prise de contact le jour même : un mollet chaud, rouge, gonflé ou douloureux ; de la fièvre, accompagnée d’une rougeur qui s’étend à partir de la cicatrice ou d’un écoulement par la cicatrice ; l’apparition d’une faiblesse ou d’un engourdissement du pied ; un genou qui se bloque et qu’on ne peut plus bouger. Devant l’un de ces signes, appelez votre équipe chirurgicale, votre médecin traitant ou un service d’urgences, sans attendre le prochain rendez-vous.

La place de l’application

Notre application gratuite de rééducation du LCA, ACL Recovery Tracker, pour iOS et Android, vous permet de choisir, sur l’écran de votre niveau actuel, les jours où vous faites chacun de vos entraînements. Aux niveaux 1 et 2, Récupération initiale et Renforcement progressif, la séance principale est quotidienne par défaut : vous pouvez désactiver des jours pour en faire de vrais jours de repos, en gardant au moins un jour d’entraînement. À partir du niveau 3, Renforcement avancé, les entraînements sont hebdomadaires : l’application affiche la fréquence recommandée, par exemple deux à trois fois par semaine, et propose des jours répartis régulièrement.

Elle vous aide ainsi à garder les jours de repos là où votre kiné et vous avez décidé de les placer. Un jour de repos, la carte Aujourd’hui indique quand a lieu le prochain entraînement. Les rappels d’entraînement n’arrivent que vos jours d’entraînement. Les routines de soin, comme la glace, restent sur la liste tous les jours. Et le suivi de la douleur garde la trace de l’état du genou le lendemain matin d’une séance.

Quand on a hâte de retrouver son genou, un programme qui comporte des jours de repos peut sembler lent. Pourtant, dans les protocoles décrits plus haut, c’est pendant le jour de repos que les progrès d’une séance se consolident, et c’est là que le genou montre s’il est prêt pour la suivante.

Les illustrations de cet article ont été générées par une IA.

Sources

  1. American College of Sports Medicine. American College of Sports Medicine position stand. Progression models in resistance training for healthy adults. Med Sci Sports Exerc. 2009;41(3):687-708.
  2. Grgic J, Schoenfeld BJ, Davies TB, Lazinica B, Krieger JW, Pedisic Z. Effect of resistance training frequency on gains in muscular strength: a systematic review and meta-analysis. Sports Med. 2018;48(5):1207-1220.
  3. Cheung K, Hume PA, Maxwell L. Delayed onset muscle soreness: treatment strategies and performance factors. Sports Med. 2003;33(2):145-164.
  4. Adams D, Logerstedt DS, Hunter-Giordano A, Axe MJ, Snyder-Mackler L. Current concepts for anterior cruciate ligament reconstruction: a criterion-based rehabilitation progression. J Orthop Sports Phys Ther. 2012;42(7):601-614.
  5. NHS. ACL (anterior cruciate ligament) surgery: recovering.
  6. van Melick N, van Cingel RE, Brooijmans F, et al. Evidence-based clinical practice update: practice guidelines for anterior cruciate ligament rehabilitation based on a systematic review and multidisciplinary consensus. Br J Sports Med. 2016;50(24):1506-1515.