Le guide · Reprise de la course, Progression
Ligamentoplastie du LCA : quand reprendre la course ?
On parle souvent d'environ trois mois, mais la date est le repère le moins fiable. Force, amplitude, contrôle : les critères du kiné avant le premier footing.
Rédigé par une IA à partir de l'original anglais, puis vérifié point par point lors d'une relecture par IA.

« Quand est-ce que je pourrai courir ? » Dès la deuxième semaine, tous les kinés entendent cette question. La réponse honnête n’a rien de satisfaisant : quand votre genou l’aura mérité, ce qui ne correspond à aucune date. Cet article explique ce que « mérité » veut dire concrètement et ce que la recherche nous apprend sur les risques d’aller trop vite.
Cette décision revient à votre chirurgien et à votre kinésithérapeute. Les critères présentés plus bas sont vraisemblablement ceux qu’ils examineront. Vous pourrez ainsi préparer cet échange plutôt que de deviner.
Pourquoi le calendrier est un mauvais juge
Rambaud et ses collègues ont mené une revue exploratoire de la littérature. Ils ont examiné comment les études et les protocoles décidaient du moment où un patient pouvait recommencer à courir après une reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA). Le critère de loin le plus fréquent était le temps écoulé depuis l’opération, le plus souvent autour de douze semaines. Seule une minorité s’appuyait sur des critères cliniques mesurables, et une part plus réduite encore sur des tests de force ou de performance. Autrement dit, la plupart des patients reçoivent le feu vert pour courir sur la seule base du calendrier.
Le temps compte, bien sûr : la greffe en a besoin pour cicatriser et gagner en solidité. Mais à douze semaines, deux personnes peuvent avoir des genoux qui n’ont rien à voir. Chez l’une, l’amplitude articulaire est complète et le quadriceps proche de celui de l’autre jambe. Chez l’autre, le genou est encore gonflé, il manque toujours les derniers degrés d’extension et la cuisse est visiblement plus fine. Rien dans la date n’indique lequel de ces deux genoux peut encaisser la charge de la course. Or, à chaque foulée, la course fait passer plusieurs fois le poids du corps dans le genou.
Les critères réellement utilisés par les kinés
En croisant cette revue avec la recommandation de consensus sur la rééducation, on obtient une liste raisonnable de critères pour reprendre la course :
- Le temps. La plupart des recommandations conseillent de ne pas reprendre avant douze semaines environ, et de nombreux protocoles attendent davantage. C’est un minimum, pas un objectif.
- Une extension complète et une flexion presque complète. Avec un genou qui ne se tend pas entièrement, on court mal et on surcharge l’avant de l’articulation.
- Pas ou peu de gonflement. Un épanchement signifie que l’articulation est encore irritée, et courir sur une articulation irritée l’irrite davantage.
- Des activités quotidiennes sans douleur, escaliers, squats et appui sur une jambe compris.
- La force du quadriceps de la jambe opérée, qui doit représenter une bonne part de celle du côté sain. Les chiffres retenus dans la littérature varient. Pour commencer à courir, un seuil couramment utilisé en pratique se situe autour de 70 % de l’autre jambe, et il monte à 90 % ou plus avant la reprise du sport. Votre kiné peut la mesurer avec un dynamomètre ou avec des tests fondés sur un nombre de répétitions. La façon dont se calcule cette comparaison entre les deux côtés, et les cas où elle induit en erreur, sont expliqués dans l’article sur l’indice de symétrie entre les membres.
- La qualité du mouvement. Des squats sur une jambe, des descentes de marche et de petits sauts sans que le genou rentre vers l’intérieur, avec une réception contrôlée. Les tests de saut sur une jambe sont la façon habituelle de l’évaluer.
- L’autorisation de votre équipe soignante, qui prend en compte tout ce qui précède, ainsi que ce qui est propre à votre opération, par exemple une réparation du ménisque qui a son propre calendrier.
Rien d’exotique dans tout cela. Ces critères ont un point commun : ils se mesurent et se notent. C’est précisément à cela que sert la liste des critères de progression de l’application.
Aller trop vite : plus à perdre qu’à gagner
Deux études méritent d’être connues, car elles ont changé la façon dont les kinés envisagent le bon moment.
Grindem et ses collègues ont suivi des patients après une reconstruction. Chaque mois de plus avant la reprise du sport, jusqu’à neuf mois après l’opération, était associé à un taux de nouvelles blessures nettement plus faible. Reprendre avec un déficit de force du quadriceps augmentait encore ce risque. De leur côté, Kyritsis et ses collègues ont constaté que les sportifs qui reprenaient le sport sans remplir un ensemble de six critères de fin de rééducation avaient environ quatre fois plus de risques de rompre leur greffe.
Ces deux travaux portent sur la reprise du sport, pas sur le premier footing. Le message reste valable : dans leur ensemble, les données plaident pour des critères et de la patience, pas pour le calendrier. La course est la première grosse charge que subit la greffe. C’est donc un moment logique pour commencer à s’imposer cette exigence.
La progression dans l’application
ACL Recovery Tracker, application gratuite de rééducation du LCA sur iOS et Android, a délibérément choisi la prudence. Avant toute course, le programme consacre ses niveaux intermédiaires au renforcement en salle de sport : du niveau 4 au niveau 6, à peu près de la 8e à la 20e semaine. Le niveau 7, Préparation à la course en ligne droite, se situe vers les semaines 20 à 24. Il introduit le travail dont la course a besoin : sauts sur une jambe, réceptions, contrôle en appui sur une jambe. Le niveau 8, Course à pied, vient ensuite, vers les semaines 24 à 28.
C’est plus tard que les douze semaines souvent annoncées, et c’est voulu. Ces semaines sont des repères habituels, pas des dates fixes, et ce sont les critères propres à chaque niveau, pas la date, qui décident du passage. Si votre kiné vous autorise à courir plus tôt parce que votre force et votre contrôle sont au rendez-vous, l’application vous laisse changer de niveau avec « Définir comme niveau actuel ». S’il vous demande d’attendre, le programme attend avec vous : vous restez à votre niveau actuel. Vous pouvez vous en servir pour franchir les niveaux de renforcement, de sorte qu’au moment d’aborder la course, le travail de fond soit déjà consigné.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Notez régulièrement la flexion et l’extension du genou avec « Mesurer la mobilité ». L’évolution de votre amplitude articulaire se verra au lieu de reposer sur vos souvenirs.
- Restez honnête dans vos notes de douleur (« Noter la douleur »), y compris pour la douleur qui suit les séances. « Des activités quotidiennes sans douleur » fait partie des critères, et c’est la courbe qui en apporte la preuve.
- Demandez à votre kiné quel test de force sera utilisé et quel chiffre il souhaite voir, puis suivez ce chiffre.
- Considérez la liste de critères du niveau 7, dans « Évaluer la progression », comme l’examen de passage avant la course, et cochez-la avec votre kiné, pas en solitaire.
Courir de nouveau est une étape qu’on a toutes les raisons de vouloir atteindre. La mériter avec des chiffres plutôt qu’avec une date, c’est ce qui permet de la garder.
Les illustrations de cet article ont été générées par une IA.
Sources
- Rambaud AJM, et al. Criteria for return to running after anterior cruciate ligament reconstruction: a scoping review. Br J Sports Med. 2018;52:1437-1444.
- Grindem H, et al. Simple decision rules can reduce reinjury risk by 84% after ACL reconstruction: the Delaware-Oslo ACL cohort study. Br J Sports Med. 2016;50:804-808.
- Kyritsis P, et al. Likelihood of ACL graft rupture: not meeting six clinical discharge criteria before return to sport is associated with a four times greater risk of rupture. Br J Sports Med. 2016;50:946-951.
- van Melick N, et al. Evidence-based clinical practice update: practice guidelines for anterior cruciate ligament rehabilitation based on a systematic review and multidisciplinary consensus. Br J Sports Med. 2016;50:1506-1515.